Dernière mise à jour
    le 24/03/2008

L’accompagnement et la relation d’aide auprès de nos jeunes

 

Qu’est-ce que l’homme ? (brainstorming sur tableau)

 

Ce que la Bible dit de l’homme :

Psaume 8.4-5 : Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, la lune et les étoiles que tu as créées, qu’est-ce que l’homme pour que tu te souviennes de lui, et le fils de l’homme, pour que tu prennes garde à lui ?

 

1)       L’homme est un existant historique.

Il n’a pas choisi de venir sur cette terre. Il devra assumer ce choix que d’autres ont fait pour lui et accepter qu’il est là, à sa place, de par la volonté de Dieu. C’est à l’homme de décider ce qu’il va faire de ce temps et de cet amour, de cette existence, de cette historicité que son Créateur lui donne.

L’homme n’est ni victime ni spectateur, il est acteur de sa vie !

 

2)       L’homme est prochain de l’autre.

Il est « fils de l’homme » selon le texte. Il n’est pas seulement un individu mais un être en relation, un être social, un être communautaire. C’est pour cela que Dieu se révèle dans la Bible comme étant à la fois un Dieu personnel et communautaire.

 

3)       L’homme est l’âme de son corps.

Il est un être extérieur (corps) et un être intérieur (esprit et âme). Sa personnalité se constitue autant à partir de son rapport à son corps que de son rapport à sa psyché.

 

4)       L’homme est créé à l’image de Dieu.

Il ne se comprend et ne se construit que s’il est en relation avec Celui qui lui a donné son image.

 

5)       L’homme est perdu et il est spirituellement mort.

A la chute l’homme a perdu :

-         le sentiment d’appartenance (il éprouve l’angoisse et l’insécurité face aux autres et à Dieu)

-         l’estime de soi (image faussée de lui-même, manque de repères, il développe culpabilité, honte, complexes, orgueil)

-         l’assurance et la confiance en soi (désir de puissance, de domination, de faiblesse, de dépression)

 

La relation d’aide

 

Elle remonte à l’Antiquité. L’homme a toujours cherché à communiquer à l’autre ses difficultés. Tout processus d’aide s’inscrit dans le champ du langage et Socrate déjà, selon ses propres termes, était « accoucheur d’âmes », il visait à révéler les personnes à elles-mêmes. C’était surtout Antiphon d’Athènes (480-421 av. J-C) qui semble être le plus proche de la notion de la relation d’aide. Il faisait parler son patient de ses souffrances et reprenait ensuite le contenu et le style de ses paroles, avant de procéder à un « recadrage » en lui donnant une autre vision de la réalité. Les gens disaient de lui qu’il « avait le pouvoir de guérir avec des mots. »

 

Définition de la relation d’aide :

Elle consiste à aider l’autre dans ses rapports à lui-même, aux autres et à Dieu, toutes ces relations étant en interaction. La relation d'aide chrétienne vise à donner une aide compétente dans les domaines psychologique et spirituel en vue de relations justes avec Dieu, les autres et soi.

Le conseiller, contrairement à ce qu’indique son nom, ne conseille surtout pas ! Le terme « aidant » serait plus approprié.

Le client est actif, il a en effet une certaine liberté, il choisit, décide du contrat, des buts, il travaille sur lui-même.

 

Le but de la relation d’aide :

Amener la personne à la maturité ! Le but de Jésus avec ses disciples était : de faire ses disciples ! D’aider à les construire à ce qu’ils deviennent ce que Dieu voudrait qu’ils soient ! Ex. : Pierre et la question : « Est-ce que tu m’aimes ? » Pierre n’a pas compris la profondeur de l’amour « agape », alors Jésus se met à son niveau jusqu’à ce qu’il lui demande : « Est-ce que tu m’aimes avec un amour phileo ? » Et là, Pierre lui répond avec le même amour.

Jésus valorise ce qui est bon et il amène la personne plus loin. Il a dit à Pierre dans Jean 21.18 : « Quand tu étais jeune tu attachais toi-même ta ceinture et tu allais où tu voulais, mais quand tu seras vieux, tu étendras les bras, un autre attachera ta ceinture et te mènera où tu ne voudras pas aller. »

La relation d’aide est un ministère d’encouragement et d’accompagnement. Quel privilège de contribuer à ce qu’une personne se développe, se construise et devienne mature !

 

Travail à 2 :                                                            Travail à 2 :

 

Symptômes d’immaturité

Symptômes de maturité

Besoin excessif d’approbation, la peur d’échouer.

L’indépendance (image juste de lui, en harmonie avec lui-même, il accepte ses responsabilités).

Culpabilité omniprésente.

L’entente avec les autres (capable de communiquer et de collaborer).

Problèmes sexuels (il n’est pas libre de donner et de recevoir).

Perspective à long terme (sens d’éternité, il inscrit son histoire dans l’Histoire, il accepte la souffrance inévitable mais il refuse la souffrance évitable).

Sentiment d’infériorité ou de supériorité.

Il aime Dieu, les autres et lui-même (il s’accepte et il ose s’affirmer).

Besoin de domination sur les autres.

 

La haine, le rejet, l’agressivité de l’autorité.

 

Dépendance excessive à l’égard de l’alcool, la nourriture, le travail, le sexe ou la famille.

 

 

 

Principes de base en relation d’aide :

1)       Chaque être humain est responsable de ses actes et de ses choix. Il est acteur et non spectateur.

2)       La pensée est la source première de tout comportement. Elle est formée par notre milieu, notre éducation. C’est donc le cœur de l’homme qui doit changer.

3)       Toute personne peut si elle veut, changer, évoluer et se développer.

4)       L’homme est un être social. Je dois le comprendre dans sa personne et dans ses relations.

5)       L’homme a un besoin fondamental : donner un sens à ce qu’il vit.

6)       Il faut distinguer guérison psychologique et salut en Jésus-Christ.

 

 

 

PAUSE

 

 

Le processus de la relation d’aide :

 

1)       Écouter le client (les faits : son histoire et les événements ; le ressenti : son vécu émotionnel du passé et du présent ; son comportement : gestes, actes).

 

2)       Diminuer les émotions qui détruisent la personne (pulsions de mort, angoisse, jalousie, haine). Travailler sur les sentiments du client. Il s’agit de comprendre pour gérer et non combattre pour nier. Qu’est-ce un sentiment ?

Un sentiment n’est ni positif ni négatif en soi. Tous les sentiments sont indispensables à l’expression de la vie. Il y a 4 sentiments de base : la peur, la colère, la tristesse et la joie.

L’amour n’est pas un sentiment, il est un mélange d’action, de volonté et de plaisir.

La peur : J’éprouve la peur face à une situation future négative, face à un mal future, à un avenir non maîtrisé.

La tristesse : Je suis triste face à un passé douloureux, à la perte d’un bien, une séparation, une déception.

La joie : Je considère mon présent comme agréable, j’attends de bon ou alors, je pense à l’avenir comme porteur de plaisir pour moi.

La colère : Je suis en colère face à un mal actuel ou une injustice présente. Dès fois, elle me rappelle une injustice vécue.

Dieu éprouve également ces sentiments. Il peut nous comprendre. Sa Parole peut nous aider à faire face aux différents sentiments et situations. Ex. : Psaumes : ramener nos sentiments aux vérités stables et divines ! Lecture d’un Psaume à haute voix est une grande thérapie !

 

3)       Être un miroir objectif. L’aider à mieux se comprendre.

La perception et les frustrations du client :

Tout homme a dans sa tête une carte du monde. Je vois le monde tel que je suis. Dans mon

cerveau je perçoit le monde tel que je le vois, je l’entend, je le vis. La perception passe par

3 filtres :   -   La généralisation. Côté positif : une fois que nous savons ouvrir une porte, nous

 savons toutes les ouvrir. Côté négatif : si un prof s’est montré un jour injuste avec  

 nous, nous risquons d’en conclure que tous les enseignants le sont.

                         -   La distorsion : Elle transforme la réalité. Côté positif : lorsque nous rêvons de notre

       future maison sur un terrain vide. Côté négatif : lorsque tu crois que ta collègue de 

       travail est fâchée parce qu’elle garde le silence, alors qu’elle a la migraine.

   -   La sélection : Se concentrer sur certains aspects de notre expérience et d’en exclure

       d’autres. Par ex. : nous nous souvenons uniquement des moments insupportables 

       avec nos parents mais nous oublions les moments fantastiques.

Les frustrations : Elles sont souvent la continuation des frustrations de l’enfance (manque

d’amour par les parents, père dominant, mère poule). Une personne dont les besoins sont

insatisfaits est en manque. Soit elle prend des remplacements (alcool, drogue, sexualité

débridée, boulimie, excès de travail, religiosité), soit elle montre un dysfonctionnement dans son

comportement (ex. une femme qui en veut à son marie, mais en fait, au travers de son mari, c’est avec son père qu’elle règle ses comptes).

 

4)       La rendre responsable sans la culpabiliser. Ce qui différencie l’homme de l’animal, c’est la possibilité qu’il a de donner un sens à ses actes. La parole est le moyen le plus approprié pour cela. La parole donne à la personne la maîtrise de l’expression de ses manques. Dès lors, elle est en mesure de décider quelle forme prendront ses actes.

 

 

 

5)       Améliorer ses relations avec le milieu dans lequel elle vit.

Illustration avec 2 personnes : A traite B d’un fils de putain !

 lâcher            B est blessé                demander

 prise             A est coupable              pardon

 

Besoin a) d’avouer sa douleur, trouver de l’intérêt auprès de quelqu’un, b) de « lâcher prise »

et c) de vivre le pardon.

a)       Face à l’injustice nous ressentons la colère. Or, cette colère, qui est la colère-émotion, l’expression normale de l’injustice, est la « bonne colère ». Dans le texte grec de Eph. 4.25-28 Paul nous dit : « Quand vous vous mettez en colère » (et ne pas « si »). Il parle de la « bonne colère » qui n’est pas à confondre avec la « mauvaise colère » de type violent, agressive. Nous devons exprimer (évacuer) cette bonne colère. Lorsque nous avons été blessés et que nous ressentons une colère face à l’injustice qui s’est produite sur nous, nous devons nous libérer de la honte, de la haine, de la culpabilité et de la colère contre soi. Dans cette face de « colère », et notamment auprès des jeunes, nous devons aussi l’aider à relativiser sa situation.

b)      La libération du blessé est appelé « lâche prise ». Il rend libre l’offensé de sa honte, sa haine, sa culpabilité. L’offenseur devra rendre des comptes à Dieu, à qui le dossier a été transmis lors de la « lâche prise ».

c)       La Bible est claire concernant le pardon : Le pardon est accordé lorsqu’il y a repentance. 1 Jean 1.9 « Si nous confessons nos péchés, nous pouvons avoir confiance en Dieu, car il est juste : il pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout mal. » Dans Luc 17.3 nous lisons : « Si ton frère s’est rendu coupable d’une faute, reprends-le et s’il la reconnaît, pardonne-lui. » Lorsque quelqu’un se repend Dieu pardonne. Celui qui a fait le mal doit se repentir. Quand l’offenseur se repent nous sommes appelés à le pardonner (pardonnez-vous comme moi, je vous ai pardonné) !

 

6)       Construire avec elle de nouvelles valeurs, convictions, références qui changeront durablement sa vie. Je vis ce que je crois ! – Et si je crois faux ?

La Bible dit que l’homme est tel que sont les pensées dans son âme (Proverbes 23). Les pensées sont le moteur qui pousse la personne à agir, à se comporter en conformité avec ses convictions et croyances, même si ce comportement lui fait du mal (ex. les kamikazes).

Les 5 racines principales des convictions sont :

-         L’arrière-plan familial et socioculturel.

-         Les expériences et le vécu personnel (J’en suis sûre, je l’ai vécu !).

-         L’enseignement reçu (média, église, école,…)

-         La pression du groupe (on adopte les convictions des autres pour être accepté).

-         L’influence des modèles, des personnes qu’on admire et qu’on aime.

Dans la relation d’aide nous aidons le client à identifier ses fausses convictions (il est souvent question de « devoir » ou de « il faut » qui montrent les fausses convictions).

Ensuite, nous pouvons argumenter contre ces convictions et expliquer comment et pourquoi elles se sont installées chez le client.

Le client peut maintenant remplacer les fausses convictions par des pensées réalistes et vraies qu’il trouve avec l’aide du conseiller (les pensées vraies de Dieu, l’image juste de lui). C’est un grand travail surtout sur le plan relationnel, éthique, morale (demain on traitera ces sujets). C’est là où notre enseignement aura sa valeur et son importance.

 

7)       La soutenir et l’accompagner durant ce processus. Dans tout ce processus il est important de connaître ses propres limites. Je dois parfois remettre le client à un professionnel car le soin d’une personne est précieux et complexe et il est facile de faire des dégâts.

 

Conclusion

 

L’Amazone est un fleuve qui puissant que lorsqu’il se jette dans l’océan Atlantique, il ne se mélange pas tout de suite à celui-ci. C’est seulement 100 km au large de l’embouchure que ses eaux limoneuses se fondent enfin dans la masse marine. Il semble qu’après un parcours de 7025 km, ce fleuve ait besoin de temps pour comprendre qu’il n’est plus enserré par ses rives et qu’il est libre de se fondre dans l’immense océan.

Il en est de même pour chacun de nous. Après un parcours plus ou moins long, nous découvrons un jour l’océan de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ. Nous entrons dans cet amour inconditionnel avec les berges de tout ce que nous avons vécu, les berges de nos blessures, de nos souffrances, de nos peurs.

Nous avons, comme l’Amazone, besoin de temps pour réaliser que nous ne sommes plus prisonniers de nos rives et que nous pouvons nous épanouir librement dans l’océan de l’amour infini de Dieu.

Ce temps peut être celui où nous demandons à quelqu’un de nous accompagner, le temps d’une « relation d’aide ».

 

 

 

Résumé par Siggi Larsson de

-         « Pratiquer et vivre de la relation d’aide » de Jacques et Claire Poujol

-         « Les 10 clés de la relation d’aide » de Jacques Poujol et Valérie Duval-Poujol

-         « La jeunesse – ses problèmes, leurs solutions » de Josh McDowell et Bob Hostetler

-         « Une nouvelle identité pour une nouvelle vie » de Neil Anderson

-         « Le libérateur » de Neil Anderson

-         « Bouleversement intérieur » de Larry Crabb

 

 

Pour étude en groupe :

« Un nouvel élan vers la maturité spirituelle » de Neil Anderson, Editions ELB