Dernière mise à jour
    le 24/03/2008

 

 

RELATION D’AIDE,
ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL DE LA JEUNESSE

Paul MILLEMANN, Octobre 2005, Résumé de l’intervention

 

L’adolescence est par définition une phase de transition entre l’enfance et l’âge adulte. Le plus souvent, l'adolescence correspond à la période de 12 à 18 ans, suivie immédiatement par un groupe d'âge appelé « les jeunes adultes ». Avec l’adolescence, des questions nouvelles se posent aux jeunes. Il s’agit en quelque sorte d’une phase de complète remise en question, qui se conclue par des prises de décision et des choix parfois définitifs. L’adolescence est une phase essentielle pour la construction de l’identité personnelle. Elle est parfois un chemin difficile à vivre, tant pour celui qui la subit que pour son entourage. Des psychologues ont comparé l’adolescence et la jeunesse à la phase de mue du homard, qui correspond à une étape significative de sa croissance. La carapace est tombée pour être remplacée par une peau molle qui laisse le corps grandir. C’est une période de grande fragilité, dans laquelle, l’animal s’il est blessé, le sera profondément et gardera des cicatrices importantes.

 

1.       L’ADOLESCENCE, UNE TRANSITION…

L’adolescence est aussi une phase de tension et de conflits entre plusieurs réalités :

·        L’oscillation entre l’affirmation de soi et l’anxiété 

·        Le choix entre vivre dans le réel ou fuir dans l’imaginaire.

Cinq processus subissent également une importante mutation, ce qui conduit à un état d’insécurité pour celui qui le subit :

·        Le corps se transforme avec la puberté.

·        Le psychisme évolue avec une nouvelle capacité de raisonnement et avec les sentiments amoureux qui apparaissent

·        L’esprit est confronté à des choix. Les engagements spirituels pris à cette période peuvent être particulièrement profonds.

·        Les parents sont mis de côté. Il y a un besoin de différenciation pour les jeunes qui cherchent à prendre leurs distances.

·        Le milieu devient « la référence ».

Pour les parents, comme pour les éducateurs ou les responsables de groupes de jeunes, il faut savoir faire preuve des qualités suivantes pour accompagner au mieux la jeunesse.

·        La recherche d’un soutien auprès de Dieu

·        L’amour inconditionnel.

·        La cohérence entre ce qui est dit et fait.

·        Dialogue à la demande : il faut être prêt et à leur écoute, parfois aux moments les plus inattendus

·        A nous aussi de savoir faire preuve de confiance, de patience et de respect.

·        Enfin, il est nécessaire d’avoir le souci de leur formation et de leur évolution spirituelle.

Face à toutes ces remises en questions, l’adolescent subit une véritable « crise d’identité ». Sur le plan émotionnel, comme sur le plan matériel, des doutes profonds viennent ébranler ce qu’ils croyaient être des certitudes. Les différentes situations de pertes vécues vont résonner de façon forte à cette période de vie qu’est l’adolescence.

 

2.       LES SITUATIONS DE « PERTES »

2.1.        Les différentes situations de pertes

Tout au long de notre vie, nous sommes confrontées à différentes situations de pertes. Notre vécu de chacune d’entre-elles est formateur et nous aide progressivement à nous détacher du monde dans lequel nous vivons. Les pertes peuvent être classées de la façon suivante :

·        Les pertes matérielles : il s’agit par exemple des pertes d’objets physiques, d’un environnement. Quelle valeur est attachée à cet objet ?

·        Les pertes relationnelles : perte d’une personne (décès, éloignement, séparation, changement de travail, avortement, « fausse couche ») des enfants ou des parents.

·        Les pertes de projets : action à réaliser dans l’avenir à court, moyen ou long terme, échec à des examens, pertes de nos rêves, de nos projets.

·        Les pertes physiques : perte de la santé, survenue de situations de handicap, perte fonctionnelle.

·        Les pertes d’un rôle d’un statut social : départ des enfants de la maison, temps de chômage, départ à la retraite

·        Les pertes des représentations psychiques : perte de l’enfance, de l’image de soi, de l’image de l’autre…

 

2.2.        Le processus en lui-même

Le processus de « perte » est presque à chaque fois le même. Il se décline au travers de différentes étapes dont les contours sont flous et qui se superposent comme un « fondu enchaîné ». Au départ, il y a le choc de l’annonce, qui est indépendant du processus. Il va cependant déterminer la façon d’assumer la perte et le temps nécessaire pour la vivre. Les cinq étapes qui ne se suivent pas forcément dans cet ordre sont les suivantes :

·        Refus ou déni - « Ce n’est pas vrai »

·        Colère - « Pourquoi moi ? »

·        Marchandage - « Peut-être, je peux changer les choses

·        Dépression - « C’est sans espoir »

·        Acceptation - « Je peux vivre avec… »

 

2.3.        Des pertes spécifiques

Différentes prises de conscience vont se rajouter au moment de l’adolescence avec l’émergence de certains sentiments. L’adolescent va être confronté aux situations de pertes suivantes et les réactions qu’il pourra présenter

·        La perte de l’idée que le monde dans lequel il a vécu ne pouvait pas être vécu autrement = les choses auraient pu être différentes => déception, révolte, reconnaissance

·        La perte de l’idée que ce qu’il vit actuellement est parfaitement normal = Les choses devraient être différentes => colère, honte, recherche d’idéal

·        La perte de l’idée que ce qu’il vit est inéluctable = Les choses pourraient être changées => déception, volonté

·        La perte de la naïveté = les choses ne sont pas telles qu’elles apparaissent => solitude, compréhension du cœur humain, manipulation, possibilité de se confier en Christ

·        La perte de la sécurité = les choses pourraient aller de mal en pis => crainte, inquiétude, anticipation, volonté de se protéger

·        La perte de l’illusion de l’omniscience des adultes = les choses peuvent être cachées => dissimulation, insécurité, blindage

 

3.       LA GESTION DU STRESS…

3.1.        La théorie du « coping » (« faire face, faire avec… »)

Avec ces remises en questions, le stress est majeur et le jeune comme ses proches doit mettre en œuvre des stratégies adaptées pour faire face :

Ø      Stratégie d’évitement (fuite, déni, résignation)

Ø      Stratégie active (recherche d’infos, de moyens, de soutien, de plans d’action).

 

3.2.        La recherche d’un plaisir immédiat

Pour faire face aux tensions nerveuses, la jeunesse cherche souvent un appaisement en utilisant les approches suivantes :

 

3.3.        Méthodes ou techniques de gestion du stress

Différentes stratégies existent. La liste ci-après constitue une forme de catalogue, dans lequel chacun peut puiser en fonction de ses croyances ou de ses valeurs :

Ø      Recherches d’informations

Ø      Rencontres de personnes confrontées aux mêmes situations

Ø      Adhérer à des associations

Ø      Compter les « bonnes choses » arrivées.

Ø      Relativiser les difficultés

Ø      Rechercher un soutien

Ø      Pratiquer la relaxation

Ø      Organisation et suivi d’un emploi du temps.

Ø      Pratique d’un sport.

Ø      Exprimer ses émotions (cris, pleurs…)

Ø      Rencontres d’amis

Ø      Rencontres d’associations (loisirs)

 

4.       ET LA SEXUALITE ?...

Avec les changements qui surviennent à l’adolescence, les questions relatives à la sexualité se posent de façon différente :

·        Quelles sont les représentations ?

·        Quelles sont les idées véhiculées ?

·        Quelles sont les attentes ?

·        Quelles sont les sources d’influence ?

·        Quel accompagnement offrir aux jeunes ?

·        Quelle éthique, voulons-nous transmettre ?

Dans ce domaine, la relation d’aide ou l’accompagnement spirituel est lié à la fois au discours sur la sexualité et aux problématiques rencontrées. Concernant le discours, que transmettons-nous comme valeur ? Y-a-t-il absence de parole ou vision négative de la sexualité ? Quels sont les domaines qui nécessitent un accompagnement ? Quel est l’impact des sources d’influence (pornographie, abus sexuel,…) ?

 

5.       RELATION D’AIDE OU ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL ?

Je préfère parler d’accompagnement spirituel dans nos églises, plutôt que de relation d’aide. La relation d’aide au sens strict du terme est du domaine du soin (médical, psychologique,…) et peut souvent nécessiter un accompagnement hors de l’assemblée. Or dans nos églises, il y a un rôle à jouer dans l’accompagnement spirituel.

 

5.1.        Fondements de l’accompagnement spirituel

·        1 Thessaloniciens 5.12-22

·        Quel est le but de l’accompagnement spirituel ? - Aider à grandir dans la foi.

·        Quelle est notre vision de la jeunesse ?

Ø      Église d’aujourd’hui ? Futurs responsables ?

Ø      Quels sont les besoins de formation pour préparer la relève dans le peuple de Dieu ?

 

 

5.2.        Quelques exemples de problématiques rencontrées

·        Fausses croyances – fausses culpabilités…

·        Conflits avec les parents

·        Crise d’identité

·        Stress et angoisse

·        Dépendances diverses

·        Dépression et suicide

·        Abus sexuels

 

5.3.        Pour aller plus loin ensemble…

·        Le chemin de la guérison passe par la croix de Jésus Christ. Le pardon et le renoncement sont des atouts précieux pour avancer.

·        Les responsables de GDJ ont un rôle de prévention et de « sentinelle ». Ils peuvent et doivent accompagner en pensant à passer le relais (si nécessaire).

·        La relation d’aide doit être conçue comme un travail en équipe.

·        La relation d’aide peut nécessiter un travail de supervision (pour faciliter la prise de recul)

 

5.4.        Quelques réseaux d’aide et de soutien

·        Unions d’églises (ressources possibles)

·        Instituts de formation biblique

·        Association Famille Je t’Aime

·        Association Paradrogues

·        Association des Conseillers Chrétiens

·        Association Pierres Vivantes

·        Site « Relation-aide.com »

·        Associations spécialisées selon les domaines

 

Repères Bibliographiques

·        Josh McDowell & Bob Hostelter – La jeunesse, ses problèmes, leurs solutions

·        Doug Fields – La Jeunesse, une passion, une vision

·        Jeff de Vies & Walter Barrett – La bible au Centre de la RA

·        Wiliam Kirwan – Fondements bibliques de la RA

·        Larry Crabb – Connectés les uns aux autres, …

·        Samuel Pfeiffer – Entourer les faibles

·        Jacques & Claire Poujol – Manuel de Relation d’aide

·        Dan Allender – Enfance déchirée

·        Neil Anderson – Nouvelle identité, Le libérateur, Libérés de la dépression, Libérés de nos peurs, …

·        Gérard Ducrozet – Parlez moi d’amour