Dernière mise à jour
janvier 2012

Dossier CNEF

Argumentaire du CA


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Un argumentaire a été demandé au CA de l'AEEBLF. Le voici.

On peut télécharger ce texte au format pdf ici : Adhérer au CNEF ?



 Adhérer au CNEF ? Quelques grands enjeux

      . Préliminaires
      . Rappels historiques
      . L'organisation du CNEF
      . Le CNEF et l'Association baptiste
      . Le plan local et les projets concrets
      . Conclusion

  Préliminaires


Le Conseil National des Évangéliques de France (CNEF) évolue vers une structure plus formelle. Une Assemblée Générale constituante est prévue le 15 juin 2010. Ce jour-là chaque Union d'Églises devra voter pour ou contre son adhésion au CNEF. L'AEEBLF aussi. Pour cela chaque Église de notre association est invitée à se préparer au vote prévu lors de notre AG du 12 juin 2010 à Valentigney.

Depuis plusieurs années nous avons informé autant que nous le pouvions les Églises, et surtout les conseils d'Églises, lors des rencontres de l'AEEBLF, lors de nos visites sur place, et aussi en tenant le plus possible à jour la page spéciale " CNEF " sur notre site internet.

Ces derniers temps quelques-uns d'entre vous nous ont demandé de rédiger un texte complémentaire présentant ce qui nous semble être les enjeux liés à cette grande étape du CNEF. Voici le résultat de nos réflexions.

  Rappels historiques


Le Conseil national des évangéliques de France est né en janvier 2001 lorsque la Fédération évangélique de France et l'Alliance évangélique française ont invité les responsables d'Unions d'Églises à se réunir pour prier et pour réfléchir à l'avenir du mouvement évangélique en France. La grande majorité des Unions d'Églises et des instituts de formation évangéliques a répondu positivement à cet appel. Après une présentation du protestantisme évangélique en France donnée par Daniel Liechti et par Henri Blocher, les premières heures du CNEF ont été très heureusement marquées par la repentance. En effet le président de la FEF de l'époque, Jack Mouyon s'est repenti devant tous pour les paroles dures et injustes que la FEF avait pu prononcer dans le passé à l'encontre des pentecôtistes. Six mois plus tard, Michel Foret, le président des Assemblées de Dieu de France a fait connaître l'écho très positif que cette attitude avait rencontré lorsqu'elle a été présentée au congrès national de ces Assemblées. Il s'est repenti lui-même pour l'attitude peu fraternelle que les pentecôtistes ont aussi pu avoir à l'encontre des évangéliques non-pentecôtistes.

Deux fois par an les responsables d'Unions ont continué à se rencontrer. Les relations fraternelles se sont approfondies. Une charte a été rédigée et un texte présentant des principes déontologiques. Après quelques hésitations il a été décidé de transformer cette instance informelle en une association déclarée. En se donnant les moyens humains et financiers adaptés, elle sera ainsi mieux à même d'organiser les rencontres du CNEF et les différentes commissions de travail souhaitées et aussi d'être pour les médias et pour l'État un interlocuteur valable.

Le CNEF définit ainsi son objet :
Le CNEF a pour objet, dans l'esprit de sa Charte de fondation et de ses Principes déontologiques cités en préambule, de manifester l'unité et de renforcer le témoignage des protestants évangéliques français. Pour atteindre cet objectif, il met en œuvre quatre missions principales :
a) concertation : développer la concertation entre ses membres dans le but de favoriser la connaissance mutuelle, la réflexion sur des problématiques transversales, la recherche d'orientations communes voire l'optimisation des ressources.
b) information : faire connaître l'identité, les projets, les droits, les besoins des Églises et des œuvres protestantes évangéliques de France ; promouvoir les valeurs et la théologie du protestantisme évangélique français.
c) représentation : représenter et défendre les intérêts et positions de ses membres, sur le plan national et international, devant les autorités politiques, administratives (et notamment les organismes officiels chargés de la lutte contre les discriminations), judiciaires, civiles ou religieuses ;
d) animation de projets : mettre en œuvre des projets qui contribuent au progrès de l'Évangile.


Une présentation complète du CNEF est disponible sur son site : www.cnef.org ; Un résumé et des questions-réponses sont disponibles sur la page " CNEF " du site de l'Association Baptiste : www.associationbaptiste.com/CNEF.php

  L'organisation du CNEF


Ce ne sont pas les Églises qui adhérent au CNEF, mais les Unions d'Églises. Chaque Union d'Églises devient alors membre à part entière du CNEF (indépendamment du repérage des pôles évoqués plus loin pour le comité représentatif).

Les Unions sont représentées dans l'assemblée générale qui seule a le pouvoir décisionnel. Elle réunira les représentants d'une quarantaine d'Unions d'Églises et continuera probablement à se réunir deux fois par an.

Pour préparer les réunions plénières, il est constitué un comité représentatif de 15 personnes issues des quatre pôles identifiables dans le monde évangélique français et du pôle des œuvres évangéliques, en visant une représentation équitable des différentes sensibilités. Un 16e membre représentera les instituts de formation.

Les cinq pôles sont :
. les Églises évangéliques membres de la Fédération protestante de France,
. la Fédération évangélique de France et les unions apparentées,
. les Assemblées de Dieu de France,
. les autres unions pentecôtistes et charismatiques,
. et le pôle des œuvres.
Aux côtés du bureau, les secrétaires généraux, assureront le suivi des dossiers au jour le jour.

  Le CNEF et l'Association baptiste


Dès le départ, l'Association baptiste a répondu présent à l'appel qui a été lancé et elle a été représentée au CNEF par deux membres de son Conseil. Il nous est demandé maintenant de nous prononcer sur notre adhésion au CNEF lorsqu'il se constituera en association déclarée le 15 juin 2010. Formellement, seule l'Union France peut adhérer. Mais, comme c'est notre coutume, nous voulons prendre cette décision importante avec toutes les Églises de l'Association. Toutes nos Églises seront donc invitées à se prononcer lors de l'Assemblée générale du 12 juin 2010. Pour les modalités du vote et la distinction qu'il faudra faire entre les voix de l'union France et les autres, nous proposerons un vote avec des bulletins de différentes couleurs pour les différents pays et considérons la décision acquise si elle obtient 75% des voix exprimées.

Le Conseil de l'Association recommande clairement l'adhésion au CNEF, pour plusieurs raisons.
. Les textes fondateurs du CNEF sont foncièrement évangéliques.
. L'identité des Unions d'Églises, des Églises locales et des pastorales locales est très clairement respectée.
. Cette adhésion se situe dans le prolongement logique de notre implication initiale. Elle en constituerait la confirmation.
. L'organisation interne en cinq pôles respecte la réalité des différentes sensibilités évangéliques et limite le risque qu'un courant n'impose ses vues aux autres.
. L'Association baptiste pourra continuer à faire entendre sa voix et à apporter à l'œuvre commune ses compétences et ses convictions. Ne pas adhérer signifierait choisir l'isolement.
. Nous avons déjà des relations avec les autres et en particulier au sein du protestantisme évangélique : nous voulons les conserver.
. C'est l'aboutissement d'un long travail entrepris par la Fédération Évangélique de France et l'Alliance évangélique française. La FEF transfère au CNEF certaines compétences comme l'Annuaire évangélique et les relations avec le bureau des cultes au Ministère de l'Intérieur ; elle entend se concentrer sur le projet de fédérer un courant spirituel spécifique. L'AEF disparaît en tant que telle, et transfère ses missions au CNEF qui a su réunir beaucoup mieux que dans le passé un grand nombre de protestants évangéliques.
. C'est l'occasion de montrer au monde que les évangéliques ne sont pas une nébuleuse indéfinissable, mais qu'ils ont une théologie commune et une identité qui transcendent les différences doctrinales qui existent.
. Les autorités françaises souhaitent légitimement savoir à qui s'adresser quand il s'agit du mouvement évangélique. La création du CNEF constitue une réponse à ce vœu.
. Le CNEF représentera entre 70% et 80% des évangéliques français. Son intervention auprès de l'État sera donc crédible, comme ses interventions auprès des médias.

  Le plan local et les projets concrets


Il serait logique qu'à la représentation nationale, corresponde une représentation départementale. Il semble qu'il a été souvent utile que les autorités régionales comme les préfets aient un vis-à-vis dans nos milieux. Et plusieurs ont le désir que la semaine de prière de l'Alliance évangélique mondiale soit encore relayée dans notre pays.

Pour ce qui est de l'animation de projets, le souhait des Églises membres du CNEF et des personnes qui les représentent n'est pas homogène. Il pourrait y avoir des demandes pour des actions communes trop fréquentes et trop larges. En face de ces demandes, il y aurait des voix - et elles sont assez nombreuses - pour exiger le respect de certaines valeurs théologiques et le respect de l'autonomie de chaque union d'Églises. Rien ne pourra être labellisé CNEF sans l'accord des 5 pôles, que ce soit pour l'organisation de campagnes d'évangélisation ou de l'accueil d'une nouvelle union d'Églises.

Pour ce qui concerne les pastorales locales et les projets locaux, tout dépendra de la réalité des relations locales. Il s'agit de ne pas tuer l'existant ni de multiplier les structures en tous genres. Il existe déjà des pastorales FEF, AEF ou autres. Il existe des collaborations locales bien établies, comme il existe des difficultés de collaboration sur le plan local. Le CNEF ne pourra pas s'imposer par-dessus la réalité locale. A partir du moment où le CNEF existera sur le plan national, il y aura certainement, d'une manière ou d'une autre, un élan concernant sa représentation locale. Mais le CNEF a souvent répété qu'il n'imposerait rien aux villes ou aux régions. Là où la collaboration est difficile, il pourrait y avoir une pastorale annuelle aux objectifs très limités : mais tout dépendra des acteurs locaux.

Certainement se trouvera-t-il au sein du CNEF des adeptes d'une organisation très centralisée, comme il y aura des voix pour souligner l'importance de l'Église locale. Notre engagement au sein du CNEF servira entre autres à rappeler que ce sont les Églises qui comptent et que les autres structures sont à leur service. Le grand ensemble a besoin d'entendre notre voix !

  Conclusion


Le Conseil de l'Association et en particulier le délégué aux Églises, Étienne Grosrenaud sont à la disposition des Églises pour approfondir autant que possible toutes les questions qui se posent concernant le CNEF, en espérant que tous se renseigneront aussi sur les sites où beaucoup d'informations sont réunies.

Nous avions hésité à plaider aussi directement pour l'adhésion au CNEF, pensant que les Églises devaient se renseigner et se décider en toute responsabilité. Mais certains responsables d'Église ont justement demandé un document détaillant les enjeux liés à une adhésion ou une non-adhésion. A nos yeux, la non-adhésion impliquerait un repli sur soi étranger à l'esprit de l'Association. C'est pourquoi nous encourageons les Églises à se renseigner amplement puis à voter l'adhésion.

Les Églises suisses et belges ne peuvent pas s'engager à la place de leurs sœurs françaises. Mais nous souhaitons que ce soit l'ensemble de l'Association qui approuve l'adhésion de l'Union France.


Pour le CA de l'Association,
Gordon Margery,
Etienne Grosrenaud,
février 2010.